Une initiative de :

 

La campagne l'Urgence de Lire

La trop faible prise en compte de la dimension intellectuelle de l’être humain en danger

En 2010, Bibliothèques Sans Frontières est intervenue quelques jours après le tremblement de terre qui a frappé Haïti, à la demande des institutions haïtiennes, pour contribuer à la reconstruction du pays en donnant très vite accès aux livres, à l’information et à la culture. Beaucoup de nos interlocuteurs, en Europe ou en Amérique nous ont alors dit : ce que vous faites est-il vraiment prioritaire?
 
Après 3 années de travail intense et devant les résultats concrets obtenus (plus de 500 000 bénéficiaires, notamment dans les camps de déplacés), nous sommes convaincus que cette action en situation d’urgence et de post-urgence a un sens fondamental. Qu’est ce qu’un homme, une femme, un enfant, une fois que sa vie est sauvée, sa nourriture et un gîte retrouvés, si, sans activité, il ne peut pas lire, écrire, dessiner ou communiquer ? Accéder à la lecture, à l’écriture ou à l’information en situation d’urgence, est fondamental  pour la reconstruction des êtres, pour rétablir les liens entre les rescapés, sauver ainsi des vies, en leur redonnant un sens. BSF l’a expérimenté en Haïti et nous avons pu constater les mêmes dynamiques après les tremblements de terre qui ont frappé le Chili en 2010 et le Japon en 2011.
 
Pourtant aujourd’hui, aucun des principes guidant l’ONU lorsqu’elle s’occupe du sort de personnes déplacées ne porte sur cette dimension intellectuelle et culturelle du sauvetage de l’être humain en danger. Bien sûr, les acheminements d’aliments de base et d’eau potable, d’abris et de logements, de vêtements décents, de services médicaux et d’installation sanitaires, sont essentiels. Mais il n’est jamais question des moyens de communiquer, d’échanger ou de s’informer, ignorés  aussi par la plupart des agences d’aide humanitaire.

Ce constat est partagé par la plupart des acteurs de l’aide qui déplorent le sous-investissement dans ces problématiques.

C’est avec la volonté de sensibiliser le grand public et de changer les principes guidant les organisations internationales et les Etats en situation d’urgence humanitaire que BSF a lancé le 29 novembre 2012 la Campagne “L’Urgence de Lire” soutenue par plus d’une centaine d’intellectuels internationaux dont 9 prix Nobel (Toni Morrison, JM Coetzee, Doris Lessing et F. de Klerk), des écrivains mondialement connus comme Stephen King, John Irving ou Salman Rushdie et des spécialistes de l’humanitaire comme l’Académicien Jean-Christophe Rufin, ancien président d’Action Contre la Faim.

 

La campagne “L’Urgence de Lire”

La campagne “L’Urgence de Lire” est à la fois une campagne de plaidoyer et de sensibilisation d’une part et de recherche et développement d’autre part.

La campagne de plaidoyer s’appuie sur un Appel international ouvert à la signature du public depuis le 29 novembre 2012. La campagne est relayée auprès des organisations internationales et des Etats pour inscrire comme priorité de l’aide d’urgence cette dimension intellectuelle de l’être humain en danger. L’appel est notamment adressé au Secrétaire Général des Nations Unies, la Directrice Générale de l’UNESCO et la Commissaire Européenne en charge de la coopération internationale et des situations humanitaires.

Elle s’accompagne par ailleurs d’un intense travail de recherche et développement, en partenariat avec de nombreuses ONG humanitaires, pour la conception d’outils nouveaux pour la diffusion du savoir et de l’information dans les crises. C'est dans ce cadre que BSF développe un modèle extrêmement innovant de médiathèques portatives pour les situations d'urgence: l'Ideas Box.

 

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